la tour
Publié le 18 Mai 2006
Texte écrit en septembre 2005 pour Coïtus Impromptus. Sujet: "la tour".
«Quelle tour !», murmura t’elle, émue, en s’éloignant un peu, afin de mieux contempler la colonne dressée dans son étrangeté.
On aurait plutôt dit un menhir légèrement bosselé, satiné, couleur de terre brune; érigé dans sa fierté solitaire au milieu d’étendues plus claires, montagnes duveteuses et vallons de dunes presque lisses.
Tout en bas du monolithe artisanal, des buissons noirs se serraient comme les douves entourent un château. Un fumet d’herbes et de musc montait à ses narines.
Les papillons roses se mirent à voleter doucement sur la colonne et s’y collèrent, s’y engluèrent, visqueux, ne sachant pas mourir.
Elle ouvrit sa bouche, étonnée et ensorcelée, et la nuit sembla se poser sur la coupole un peu rosée.
Obscurité sans étoiles, un espoir de fin du monde.
Au creux de la nuit repliée, la fumée liquide épancha sa blancheur.